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jeudi 20 avril 2017

Le nouveau format de supermarché

Parmi les premières découvertes de l’expatrié : les habitudes alimentaires. Visite guidée au supermarché pour découvrir à quoi pourrait ressembler le panier “type” de la famille brésilienne.



Expatriation rime nécessairement avec adaptation. Pour moi, elle a commencé dans l’assiette. Pendant les premiers mois, le supermarché a été un véritable terrain d’expérimentation. Premier obstacle à surmonter : le vocabulaire. D’abord pour nommer les produits locaux (parfois des aliments non identifiés qui m’étaient totalement inconnus jusque là) mais aussi pour trouver ce que je cherchais (si toutefois cela existe ici). Le smartphone s’est révélé d’une utilité précieuse pour m’éclairer dans ces moments de désarroi et vérifier rapidement dans un dictionnaire, dans un sens ou dans l’autre (si équivalent dans l’autre langue il y a). Une fois mon panier rempli, aux fourneaux ! Mais au fait, comment ça se cuisine ce légume bizarre ? Là encore, merci Internet et les sites de recettes pour trouver de l’aide et un peu d’inspiration. Avec toujours le dictionnaire à portée de clic bien sûr, pour élargir un peu mon champ lexical culinaire. Les semaines ont passé, et le carnet d’adresses s’est construit petit à petit, selon le budget et les envies.

Apprécier les produits locaux, c’est bien. Mais apprendre à renoncer aux saveurs que l’on aime, c’est plus compliqué. Toute curieuse que je suis, il m’a fallu accepter de vivre sans quelques incontournables franco-français (et apprendre à refréner ces envies qui finissent par une addition salée !) en compensant avec les spécialités locales, et en attendant le prochain arrivage de France pour un ravitaillement en chocolat, fromage ou vin. Me voilà devenue une habituée du rayon des produits soldés (pour cause de date de péremption imminente), où je guette patiemment le chocolat Casino, quasiment un produit de luxe. Bref, un juste équilibre à trouver entre appropriation (de la culture locale), tradition (française) et …improvisation !

Les “basiques” brésiliens… à manger

Penchons nous à présent sur le panier “de base” de la famille brésilienne (cesta básica). Difficile de généraliser évidemment, car comme partout, le contenu du chariot varie grandement selon le pouvoir d’achat, la composition de la famille, le régime alimentaire, etc. Mais quelques tendances semblent se dessiner.

Si l’alimentation diffère selon les régions du Brésil, il y a tout de même un plat “traditionnel” à l’échelle du pays, arroz et feijão (riz et haricots), toujours présents dans les rayons des épiceries ou des grandes surfaces. Plat de résistance du déjeuner, il va souvent de pair avec une viande. Principalement de boeuf, de poulet ou de porc. Un petit peu moins à la mode sans doute ces derniers temps avec les scandales qui ont agité le secteur.

Autre spécialité, le manioc (mandioca), hérité des indiens, utilisé dans de nombreuses préparations : farofa (farine qui accompagne le arroz/feijão), crêpes de tapioca, mandioca frita…Comme sans doute dans de nombreux pays aujourd’hui, les pâtes connaissent un certain succès, et par conséquent la sauce tomate aussi. Côté préparation et assaisonnement, on trouve sel, huile de soja, margarine et beurre parmi les indispensables.

Au rayon fromages, c’est requeijão, sorte de fromage à tartiner, ou fromage tranché mussarela (mais pas vraiment de la mozarella !), le tout sur du pão francês, qui malgré son nom n’est qu’un lointain cousin de notre pain, avec éventuellement du jambon de porc (presunto) ou de dinde (peito de peiru). Au menu du petit déjeuner ou pour une collation légère le soir.

Quant aux fruits, un vrai régal ! Exotiques (banane, mangue, ananas, papaye, maracuja, goyave…) ou venus avec les immigrants (raisin). On apprécie les sucreries et desserts à base de noix de coco (lait ou râpée), de lait condensé ou de doce de leite (confiture de lait). Quelques autres ingrédients pour compléter mon panier “type” : tomates, pommes de terre, oignons, oeufs, sucre ou adoçante (édulcorant), lait (parfois aussi en poudre), biscoito de polvilho (également à base de manioc) et fuba (farine de maïs pour gâteaux et polenta).

…et à boire

Oubliez le thé, ici, nous sommes au pays du café ! Il est d’ailleurs souvent proposé en libre service sur le lieu de travail, dans la salle d’attente chez le médecin, dans une boutique ou offert avec le repas au restaurant. On le consomme noir ou avec du lait, et la plupart du temps sucré. Les boissons gazeuses, refrigerantes, sont les mêmes qu’ailleurs, aux côtés des productions locales, comme par exemple celles à base de guarana, à forte teneur en caféine. On trouve aussi des jus en sachet, poudres à mélanger avec de l’eau, à la mode chez nous à une certaine époque mais aujourd’hui disparues de nos rayons : ça, je vous avoue franchement que je n’ai eu ni l’envie ni le courage de goûter. Des jus de fruits et de l’eau de coco aussi, et pour les boissons alcoolisées, la bière, sans aucun doute !

Après ce modeste aperçu, d’autres billets suivront, car le sujet est riche. Il y a beaucoup à dire sur où l’on mange, comment l’on mange et ce que l’on mange (à part le riz et les haricots !)…
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vendredi 14 avril 2017

Rio à l’heure du carnaval

Célèbre dans le monde entier, le défilé des écoles de samba de Rio attire la foule chaque année, du Brésil et d’ailleurs. Au programme, fête et compétition, imagination débridée et exubérance.



Dans mon dernier billet, je vous faisais partager un peu de cette incroyable ambiance qui anime nuit et jour les rues de Rio pendant le carnaval. Mais Rio, c’est bien sûr aussi le Sambodrome qui accueille le défilé des 12 meilleures écoles de samba de la ville. Celles-ci s’affrontent lors de deux soirées consécutives, devant des dizaines de milliers de spectateurs. Récit.
Un spectacle qui se mérite : l’achat (épique) des billets

Bien décidée à vivre pleinement l’expérience de ce premier carnaval, je me lance dans le processus d’achat des billets dès le mois de janvier, soit plus d’un mois avant le carnaval. J’effectue quelques recherches et je décide finalement de ne pas passer par une agence de tourisme, mais de les prendre directement à la Liga Independente das Escolas de Samba (Liesa). Rien de bien compliqué a priori. Mais, première information importante : pas de vente en ligne et pas de vente directe non plus à Rio. Renseignements pris, tout se fait par téléphone.

Là, ça se complique pour moi : il me faut donc appeler, en espérant qu’avec mon portugais hésitant je puisse faire une demande claire et que je comprenne bien en retour toutes les consignes… Mais problème : aucun de mes appels au call center n’aboutit. J’imagine déjà le standard débordé et la perspective d’avoir des places s’éloigner. Misère, c’est moi qui suis chargée de les acheter pour plusieurs amis !

Le service des informations que, par contre, j’arrive miraculeusement à joindre, m’explique que je ne compose tout simplement pas le bon indicatif. Ah, ben voilà… Effectivement, il y a quelques subtilités dans le système téléphonique local que je ne maîtrise pas encore. Je vous résume : tout dépend de là où vous vous trouvez, de là où vous voulez appeler et de votre opérateur… Bref, me voilà prévenue. Victoire, j’obtiens enfin le call center, où très aimablement on m’explique que je suis en train d’effectuer une réservation qui ne sera validée qu’une fois le paiement reçu (ça, j’ai très bien compris !). Pas question de payer par téléphone, il faut faire un dépôt à la banque. Mais pas dans n’importe quelle banque évidemment, uniquement en cash et dans le délai imparti (soit un jour)… Ça tombe bien, je suis en vacances.

Il me faudra ensuite patienter (seulement) une dizaine de jours pour recevoir enfin le courrier électronique tant espéré, avec LA confirmation définitive.
Jusqu’au bout de la nuit

Ultime étape : retirer les billets à Rio avant/ou le jour J. Autant dire du gâteau…Une fois nos précieux sésames en main, nous faisons quelques emplettes pour compléter notre équipement pour la soirée : capa de chuva (poncho en plastique) et almofada (coussin) jetable. Il est 22 heures. Hymne national repris par la foule, puis Cidade Maravilhosa, hymne de la ville de Rio. La compétition peut commencer.

Six écoles se succèdent, chacune ayant soixante-quinze minutes pour sa prestation, et nous tenons vaillamment le coup jusqu’au bout. Beija-Flor, la dernière école, commence sa parade alors que le jour se lève… Les thèmes choisis sont variés et parfois engagés, comme c’est la cas pour l’école Imperatriz Leopoldinense, qui a souhaité mettre en avant les tribus indiennes et les travers de l’agrobusiness qui les menace.

Musique entraînante des baterias, exubérance des costumes, profusion de couleurs (avec une bonne dose de plumes et de paillettes), originalité des mises en scène et des chars : le spectacle est extraordinaire et total. Émerveillés, nous nous laissons gagner par l’enthousiasme de nos voisins dans les gradins, qui entonnent la chanson officielle de chaque école.

Beaucoup de choses, cependant, nous échappent. Nos yeux de néophytes ne voient pas les fautes commises et ont bien du mal à évaluer les différents critères pris en compte par les juges. Peu importe ! Nous quittons le Sambodrome au petit matin, mi-grisés mi-épuisés. Puis, après un énorme petit déjeuner plus que mérité, extinction des feux à 7 h 30…



Le spectacle à tout prix

Deuxième soirée. Nous avons cette fois-ci prévu notre ravitaillement. Parmi les six écoles qui défilent, mon coup de cœur sera pour Mocidade Independente, qui a choisi le thème des “Mille et une nuits de Marrakech”. Évidemment, après quelques années passées au Maroc, je suis particulièrement emballée par cette parade, qui revisite les contes orientaux (pas franchement marocains, soit dit en passant) avec une touche brésilienne. Théières, porteurs d’eau, vendeurs du souk, Aladin et Sindbad : le résultat est un curieux et plaisant mélange. Autre prestation étonnante : celle de São Clemente, autour du Roi-Soleil, avec assiettes, bosquets et animaux délirants.

Mais la fête n’est pas loin de basculer dans le drame avec un accident de char pour Unidos da Tijuca : l’étage supérieur de l’un des chars s’est effondré dans la zone de départ, entraînant avec lui plusieurs danseurs. Nos voisins brésiliens nous informent de la situation, et l’une d’entre elle fond en larmes, ignorant si son fils se trouve sur ce char. Après de longues minutes d’angoisse, où les secours interviennent pour évacuer les blessés, le défilé reprend : the show must go on…La veille, un autre accident s’était déjà produit : plusieurs personnes avaient été percutées et blessées par un char ayant perdu le contrôle sur la piste. Et d’autres incidents de moindre gravité ont émaillé les deux soirées.

Le carnaval est chose sérieuse : retransmis en direct à la télévision, il suscite un engouement aussi fort que celui pour le football. Comme au stade, les écoles ont leurs supporters, qui arborent maillots et drapeaux. Et les enjeux sont énormes. Plusieurs affaires ont terni l’image du carnaval ces dernières années, liées notamment au financement des écoles. L’annonce des résultats se fait traditionnellement le mercredi des Cendres. Au final, cette année, c’est Portela qui remporte la couronne, suivi par Mocidade, et aucune école ne sera reléguée dans le groupe inférieur, suite au deux accidents importants qui ont grandement pénalisé les écoles concernées. En 2018, il y aura donc exceptionnellement 13 candidats à concourir pour le titre de champion ans le cercle très fermé des écoles les plus prestigieuses. Marcello Crivella, le maire de Rio, de confession évangéliste, a quant lui boudé les festivités cette année, prétextant une grippe.
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Sur les murs de São Paulo, la “guerre du spray” fait rage

São Paulo est depuis longtemps une référence dans le monde du street art. Mais la ville brésilienne connaît un nouvel épisode dans la guerre sans fin qui oppose les graffeurs et tagueurs aux politiques.




Depuis les années 1980, le street art est une composante incontournable du paysage urbain de São Paulo. Façades d’immeubles, stores de magasins, bâtiments désaffectés ou murs sous les ponts routiers : tout est support potentiel d’expression.
Certains secteurs sont désormais devenus des sites d’intérêt touristique, promus par la municipalitéou par des associations qui organisent des visites guidées. Parmi les lieux emblématiques : l’avenue 23 de Maio, le quartier du Centro et le “Beco do Batman”, un entrelacs de ruelles à Vila Madalena qui ressemble à un musée en plein air où les œuvres sont renouvelées régulièrement et où se pressent les visiteurs.

La rue, terrain de jeu des pichadores et grafiteiros

La culture street art, étroitement liée au hip-hop, s’affirme comme une appropriation directe de l’espace urbain par sa population et prend de multiples formes : tags, graffitis, pichações, bombs et murales (commandées et autorisées).

Lorsqu’on arrive à SP, difficile de ne pas remarquer les pichações, ces lettres au style caractéristique, souvent de couleur noire, réalisées dans des lieux plutôt difficiles à atteindre. Cette pratique, une forme de contestation née sous la dictature dans les années 1980, est considérée comme illégale. Sur fond d’injustice sociale, il s’agit pour les pichadores d’écrire le plus haut possible, à différents endroits, pour être vu et pour marquer son territoire.
On les oppose généralement aux grafiteiros, à présent reconnus comme des artistes, aujourd’hui soutenus par le public. Modestes ou de grande envergure, inventives et militantes, leurs productions offrent une diversité de styles et de thèmes. Quelques Paulistanos ont d’ailleurs acquis une belle renommée internationale et sont invités à produire et à exposer aux Etats-Unis et en Europe : Os Gêmeos, Nunca, Nina, Zezão, Speto et bien d’autres…

Doria et la guerra do spray

Le phénomène ne laisse pas indifférent. Adeptes ou détracteurs, les habitants ont leur avis. A commencer par le nouveau prefeito (maire) João Doria, qui a déclaré la guerre aux graffeurs et tagueurs.

Dès son entrée en fonction, le 1er janvier dernier, il s’est attaqué au nettoyage des murs de la ville. Pour marquer le coup sur le terrain médiatique, il a officiellement lancé l’opération Cidade Linda (belle ville) revêtu de la tenue des employés municipaux, sur la 23 de Maio, avec pour objectif de recouvrir de peinture grise cette œuvre géante, financée par le précédent prefeito. 
Les réactions ne se sont pas fait attendre, de soutien mais aussi de désapprobation.
Face au tollé, marche arrière : M. Doria a ensuite annoncé des mesures pour appuyer l’expression des grafiteiros et muralistas, comme le MAR, Museu de Arte de Rua, qui soutiendra des projets de street artistes, ainsi qu’une Escola do Grafite. Evoquant une erreur de jugement, il a regretté que les oeuvres n’aient pas été photographiées avant d’être effacées. Mais il a réaffirmé son intransigeance face aux pichadores : 102 personnes ont été emprisonnés depuis le 2 janvier. 
La situation ne semble donc pas vraiment apaisée et cette guerre risque de perdurer. L’avenue 23 de Maio, connue jusque-là comme la plus grande œuvre murale d’Amérique latine, est quant à elle maintenant l’objet de toutes les attentions de la part de la municipalité. Mais ce sont depuis quelques jours des plantes qui recouvrent ses murs…
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jeudi 13 avril 2017

São Paulo/Rio, sœurs ennemies ?

A grand renfort de stéréotypes, les habitants des deux plus grandes villes du Brésil jouent aux comparaisons et assument leurs différences. Décryptage.



Distantes de seulement 430 kilomètres, donc autant dire voisines sur un territoire aussi immense que le Brésil, São Paulo et Rio de Janeiro nourrissent une vieille rivalité qui se retrouve dans tous les domaines.
Je vous résume : d’un côté, Rio, la cidade maravilhosa (ville merveilleuse), destination incontournable des touristes, qui cherche l’équilibre, entre attraits et dangers : plages, caïpirinha et samba, mais aussi favelas et insécurité. De l’autre, “Sampa”, São Paulo, capitale économique du Brésil et terra da garoa  (bruine). Moins de magie certes, et mégalopole tentaculaire, avec bouchons, pollution et autres désagréments à la clé. Pas vraiment de quoi soutenir la comparaison au départ mais SP offre pourtant aussi bien des points forts.

Carioca, ou l’art d’être malandro

Les Brésiliens eux-mêmes usent des stéréotypes pour se décrire et se moquer des traits des habitants des différentes régions du pays, à travers piadas (blagues) et caricatures, où l’on retrouve généralement le gaúcho (du sud), le nordestino, le baiano (de Salvador), le mineiro (du Minas Gerais), et bien sûr cariocas  et paulistanos.
Ici, à São Paulo, pas de doute, le carioca a mauvaise réputation. Facilement identifiable, y compris pour la néophyte que je suis, avec sa prononciation du “s” à la manière portugaise (=“ch”) et du “r” à la française, il est souvent dépeint comme un individu malhonnête, fainéant, cherchant immanquablement à vous arnaquer ou à profiter de la situation. C’est ainsi qu’on me le décrit dans les conversations anodines du quotidien. Oui, les clichés ont la vie dure… Exemple de plaisanterie avec un sketch sur les chauffeurs de taxis cariocas (sous-titres en anglais).
Dans la culture populaire, littérature, cinéma ou chanson, le carioca est malandro, malin et a priori mal intentionné, une caractéristique parfois source de fierté pour les individus concernés. En témoigne le personnage de Zé Carioca, un perroquet brésilien inventé par Disney, sympathique mais aussi authentique malandro.

Sur le terrain… et dans l’assiette

Paysage, climat, musique, codes, langage, les différences ne manquent pas : paulistanos et cariocas cherchent à se distinguer, à affirmer une personnalité, un style de vie. Sans surprise, on retrouve ce duel sur les terrains de football. Plusieurs clubs des deux cités s’affrontent en effet chaque année dans le championnat national. Avantage pour l’instant à SP avec le plus grand nombre de titres remportés.
Les habitants de São Paulo éprouveraient-ils une pointe de jalousie face à Rio, qui fut la capitale du Brésil de 1763 à 1960 ?  Ironie du sort, les traditionnels feijão (haricots), aliment de base consommé dans le pays tout entier, ne sont pas les mêmes dans les deux cités : preto (noir) à Rio, ce sont les marrom qui sont plébiscités à SP, plus couramment appelés cariocas…
Cet antagonisme s’explique sans doute par une véritable différence de culture, liée à l’histoire, à la géographie et à la population de chacune. Je n’ai pour l’instant qu’une version de la situation mais il est certain que les habitants de Rio ont largement de quoi dire aussi sur leurs camarades paulistanos : arrogants, pressés et stressés !
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Melting-pot à la brésilienne

Le Brésil a accueilli des millions d’étrangers venus avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Symbole de cette diversité, São Paulo offre aujourd’hui un visage cosmopolite.



Depuis mon arrivée, je découvre les différents chapitres de cette histoire, que, pour tout avouer, je ne connaissais que très peu. Au fil des lectures, au détour des conversations, au hasard des balades, c’est une étonnante mosaïque de populations qui se dessine.

São Paulo, terre d’accueil

Pour mieux comprendre, je décide de me rendre au Museu da Imigração do estado de São Paulo, qui met à l’honneur cet héritage multiculturel. Installé dans l’ancienne Hospedaria dos Imigrantes dans le quartier Brás, il évoque les premières migrations, celles de la préhistoire, de la colonisation et de l’esclavage. Mais ce sont surtout les grandes vagues de peuplement du 19e et 20e siècles qui sont mises en avant.  Au travers d’objets, d’archives et de témoignages vidéos, le visiteur peut en effet suivre le parcours des nouveaux arrivants, qui ont été accueillis en ces mêmes murs, entre 1887 et 1978.
L’abolition de l’esclavage en 1888 conduit le Brésil à ouvrir ses portes pour attirer une main d’oeuvre bon marché : italiens, espagnols, français, russes, polonais, ukrainiens, japonais affluent. Après avoir débarqué au port de Santos, ils sont dirigés en train vers São Paulo, étape indispensable pour effectuer contrôles médicaux et démarches administratives avant de rejoindre leur destination finale. Dans l’état de São Paulo, ils seront souvent employés au départ dans les fazendas, grandes exploitations de café, avant de tenter leur chance en ville. Suivront syriens et libanais, implantés dans le commerce, et plus récemment, chinois, sud-américains, africains et haïtiens. Au final, la Hospedaria aura reçu plus de 2,5 millions de personnes, représentant plus de 70 nationalités.
Mon tour s’achève avec l’exposition temporaire qui présente de manière émouvante des livres de recettes amenés dans les bagages d’immigrants et soigneusement transmis de génération en génération, chacun étant accompagné de photos et de l’arbre généalogique de la famille.

Brésilien, ou  “descendant de”

Parmi les gens qui m’entourent, ce sont des histoires similaires que l’on me raconte. Toutes plus atypiques les unes que les autres. Un aïeul de nationalité W, qui, au Brésil, s’est marié avec une personne de nationalité X et dont les enfants à leur tour ont épousé des brésiliens d’origine Y ou Z. Sans oublier les ascendances africaines et indiennes. Des possibilités infinies de métissage donc. Et au final, un véritable melting-pot en version brésilienne qui semble bien fonctionner. Une collègue me demandait il y a quelques jours s’il était courant en France d’avoir quatre grands-parents “franco-français”. Je n’ai pas vraiment su comment lui répondre. Selon elle, c’est chose rare chez les Brésiliens. Et beaucoup sont d’ailleurs attachés à leurs racines, et s’identifient comme “descendant de”.
São Paulo s’est construite avec ces apports multiples et ces influences, qui vivent encore dans la diversité de ses quartiers, des noms de famille de ses habitants, dans leur parler ou leurs traditions culinaires. Et qui en font toute sa richesse.
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Brésil - Guide de voyage Brésil


Le Brésil, géant de l'Amérique du sud, attire des milliers de touristes chaque année grâce à sa réputation festive, sa culture originale et ses sites naturels exceptionnels. Destination à la mode, les séjours pour le Brésil se multiplient, à vous de choisir ce qui vous plait entre le farniente sur les plages superbes, la chaude ambiance du carnaval, la découverte de la jungle amazonienne ou un circuit sur les traces de la culture brésilienne...

Ancienne colonie portugaise, le Brésil est le seul pays lusophone d’Amérique du Sud : on y parle donc le porttugais, avec un accent bien caractéristique !

Parmi les pays comptant la plus vaste superficie au monde (le Brésil se classe cinquième), il n’est pas étonnant que le territoire du Brésil soit composé d’entités géographiques variées. Il est divisé en cinq grandes régions dont les limites sont dessinées suivant des frontières naturelles, économiques et culturelles.

Le Sud
 (Rio Grande do Sul, Paraná, Santa Catarina), une terre de vallées et de pampa et de moyennes montagnes où s’écoulent les célèbres chutes d’Iguaçu, avec une forte culture gaucho (partagé avec l'Uruguay et l'Argentine).




Le Sud-Est (Espirito Santo, Minas Gerais, Rio de Janeiro, São Paulo), le cœur cosmopolite, économique et industriel du pays, on y retrouve les deux plus grandes villes du Brésil; São Paulo et Rio son carnaval, ses plages mais aussi malheureusement ses bidonvilles mondialement connus.



Le Centre-Ouest (Distrito Federal, Goiás, Mato Grosso, Mato Grosso do Sul), une terre de zones humides et de grandes étendues cultivées, c'est au milieu de ce plat pays que se dresse la capitale politique; Brasília à l’architecture moderne puisque ses principales infrastructures ne datent que des années 1960. Le Pantanal représente un espace naturel unique.



Le Nord-Est (Alagoas, Bahia, Ceará, Maranhão, Paraíba, Pernambuco, Piauí, Rio Grande do Norte, Sergipe), aride dans sa partie intérieur, elle possède plusieurs anciens ports coloniaux comme Salvador de Bahia, Recife ou Olinda. Elle est néanmoins connue pour la beauté de ses côtes, qui sont selon certains les plus belles du Brésil.




Le Nord (Acre, Amapá, Amazonas, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins) recouvert de la luxuriante forêt amazonienne, une région peu peuplée marquée par ses deux villes principales, en bordure du fleuve Amazone, Manaus et Bélem.


Les grands incontournables du Brésil

Un tour rapide des escales les plus en vues au Brésil :

Rio de Janeiro
 n'a pas besoin d'être présentée : les plages comme Copacabana, les sites incontournables de Rio sont le Corcovado, le pain de sucre, les églises de Lapa et du Centro ainsi que les écoles de samba. Au mois de février, le pays est surtout célèbre pour son fameux carnaval qui se tient à Rio.

Salvador de Bahia vous permettra de découvrir l'architecture coloniale et de profiter de nombreuses plages. 

São Paulo est une ville immense, vous profiterez du patrimoine historique mais également du dynamisme culturel de la ville. Les musées, dont le Pinacoteca et le MASP. Le centre est célèbre pour ses constructions historiques telles que le Patio do Colégio.

A partir de Manaus, vous pourrez partir dans la jungle ou voir les dauphins dans l'embouchure de l'Amazone... Une excursion dans la jungle reste une expérience unique, et les amateurs de biodiversité seront ravis ! Côté ville, les touristes peuvent également visiter l’opéra ou la vieille ville.

A Fortelaza, les amateurs de culture et d’art contemporain seront ravis et ils pourront admirer à loisir le centre culturel Dragão do Mar. Les églises baroques du quartier du Pelourinho sont fascinantes à Salvador de Bahia.
Découvrez également les villes de Belem, Mina Gerais, ou Recif... De même, la chapelle Dourada et la vieille ville de Recife sont très intéressantes.

A Brasilia, vous découvrirez une ville inspirée et construite par les architectes du mouvement moderne. Les visites guidées dans la ville moderne de Brasilia permettent d’admirer ses édifices et monuments qui reflètent une architecture extravagante.

Ne ratez pas les magnifiques chutes d'Iguazu, la réserve naturelle d'animaux de Pantanal à Campo Grande...

Spécialités culinaires du Brésil

La gastronomie brésilienne est tellement variée que dans chaque région, vous découvrirez de nouvelles saveurs. Elle allie le savoir-faire portugais, africain ou indien. Les plats typiquement brésiliens sont en nombre, pour n’en citer que le Feijoada, le vatapà, le pato no tucupi ou bien le churrasco. La boisson traditionnelle du Brésil est le cachaça.
Manger bien et à moindre prix est tout à fait possible dans les adresses bon marché : les plats sont généralement copieux au Brésil. Dans les restaurants plus haut de gamme, les prix ont tendance à se rapprocher de ce que l'on connaît en France.

Infos Pratiques


Conseils aux voyageurs

Une fois sur place, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le Brésil n'est pas une destination si bon marché que ça, et dans certains coins du pays, le coût de la vie atteint des niveaux proches de l'Europe... Ceci est surtout vrai dans les grandes villes telles que Rio, Sao Paulo ou Salvador de Bahia.
Prudence dans les grandes villes, ne trainez pas dans n'importe quel quartier. Ne vous promenez pas seul de nuit.
Evitez, partout, les signes extérieurs de richesse : vous attirerez dans le cas contraire les pickpockets comme des mouches.
De manière générale, renseignez-vous sur les risques de chaque ville/région visitée.

Gîtes et Hôtels au Brésil: les coins où dormir

Le Brésil dispose d’un réseau hôtelier de qualité.
D'une part, les hôtels de prestige sont certes assez onéreux, mais le pays renferme aussi des hébergements moins coûteux. Des motels au décor hollywoodien sont également nombreux et les prix grimpent en conséquence.
D'autre part, les petits budgets (moins de 20 euros la nuit) se tourneront vers les auberges de jeunesse ou les pousadas, sortes de pensions généralement bon marché.

Se déplacer au Brésil

Quel moyen de transport choisir pour se déplacer ? Les distances brésiliennes sont énormes, et l'on ne fait pas un trajet Rio-Salvador de Bahia en claquant des doigts !
Si vous avez (beaucoup) de temps devant vous, optez pour le bus: solution économique à défaut d'être rapide.
Autrement, l'usage de l'avion est très répandu au Brésil pour les liaisons intérieures : ceci permet un gain de temps précieux dans le cadre d'un séjour plus court...

Fiche d'identité

Forme de l'Etat : République fédérale
Langue officielle : Portugais
Capitale : Brasilia
Superficie totale : 8 514 876 km2
Population : > 200M hab

Gentilé : Brésilien, brésilienne
Monnaie : Réal

Liens utiles

Office de tourisme du Brésil : www.visitbrasil.com
Ambassade du Brésil, à Paris : paris.itamaraty.gov
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