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mercredi 19 avril 2017

SCANDALE DE LA VIANDE AVARIÉE : LE BRÉSIL DONNE QUITUS À L’UN DE SES PLUS GROS EXPORTATEURS


Le gouvernement gabonais, cependant, n’a pas encore donné son autorisation pour la reprise des importations des produits carnés en provenance du Brésil, suspendues depuis le 28 mars 2017.

BRF, l'un des plus grands exportateurs de volailles au monde, a annoncé, le 8 avril dernier, par un communiqué de presse, que la compagnie a reçu l’autorisation officielle du ministère de l'Agriculture, de l’Elevage et de l’Alimentation (MAPA) du Brésil pour reprendre la production des produits de dinde et de poulet à l’usine de Mineiros. L'autorisation, indique la compagnie, a été obtenue après avoir fourni toutes les informations pertinentes concernant les procédures de qualité et de sécurité, ainsi qu'un contrôle mené par le gouvernement brésilien.

L'usine de Mineiros a rouvert, le 10 avril dernier, et la production a repris le lendemain, après la préparation des chaînes de production. Cependant, suite à ce communiqué, le gouvernement gabonais n’a pas encore donné son autorisation pour la reprise des importations des produits carnés en provenance du Brésil, suspendues le 28 mars 2017. Par mesures de sécurité, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) avait indiqué, le 30 mars dernier, avoir déjà saisi, à titre conservatoire, 5 containers de 27 tonnes.
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La justice bloque la vente d'un champ pétrolier à Statoil


Rio de Janeiro - La justice brésilienne a suspendu lundi soir la vente par la compagnie pétrolière d'État Petrobras d'un champ en eaux profondes au norvégien Statoil, une opération de 2,5 milliards de dollars.

Les deux entreprises ont annoncé mardi qu'elles feraient appel de cette décision, issue d'un procès intenté par la Fédération Nationale des Pétroliers (FNP), syndicat qui a dénoncé l'absence d'appel d'offres dans l'opération.

En juin dernier, Petrobras a signé un accord pour la vente à Statoil de 66% de sa participation dans le bloc d'exploration BM-S-8 du champ de Carcará (Sao Paulo).

Une transaction qui fait partie de sa stratégie de vente d'actifs pour rembourser sa dette et financer de nouveaux investissements.

La compagnie brésilienne a affirmé dans un communiqué que l'opération, finalisée en novembre, remplissait "toutes les conditions" prévues par la loi et a indiqué qu'elle prendrait "toutes les mesures judiciaires appropriées".

Petrobras précise par ailleurs avoir déjà reçu la moitié du produit de la vente (1,250 milliard de dollars), une somme utilisée "intégralement pour liquider une partie" des dettes.

Erik Haaland, porte-parole de Statoil, a exprimé pour sa part sa "confiance en la réalisation la transaction", précisant que le groupe analyse "plusieurs options légales".

Petrobras est au coeur d'un méga-scandale de corruption qui secoue actuellement la politique brésilienne, des malversations ayant coûté plus de deux milliards de dollars à la compagnie.
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Le FMI ne prévoit pas de reprise avant 2018

Rio de Janeiro (awp/afp) - Le FMI a maintenu mardi une prévision de croissance quasi-nulle pour le Brésil en 2017 (0,2%), n'envisageant la reprise qu'en 2018 (1,7%), alors que la première économie d'Amérique Latine s'est contractée pour la deuxième année de suite en 2016 (-3,6%), la pire récession de son histoire.
En janvier, le Fond monétaire international prévoyait déjà une croissance de 0,2% pour 2017 (contre 0,5% en octobre), mais était légèrement plus pessimiste que ce mardi en ce qui concerne 2018 (1,5%).
En mars, le gouvernement brésilien avait revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2017 (0,5% contre 1% en novembre), mais s'attendait à une reprise nettement plus franche que le FMI en 2018 (2,5%).
"Le rythme de la contraction a diminué, mais les investissements et la production continuaient à chuter fin 2016, alors que la crise fiscale de certains États continue à s'approfondir", explique le FMI dans son rapport mondial.
Plusieurs États brésiliens, notamment celui de Rio de Janeiro, sont au bord de la faillite et les fonctionnaires accumulent parfois plusieurs mois de salaires impayés.
"La reprise progressive dépend d'une réduction des incertitudes politiques, d'un assouplissement monétaire et de l'avancement des réformes", selon le Fonds.
"Des réformes pour accélérer la croissance potentielle sont nécessaires non seulement pour améliorer le niveau de la vie de la population après la profonde récession, mais aussi pour faciliter la consolidation fiscale", conclut le rapport.
La chute récente de l'inflation a permis à la banque centrale d'accélérer ces derniers mois la baisse du taux directeur, passé de 14,25% en octobre à 11,25% le 12 avril.
Le gouvernement tente pour sa part de faire passer une série de mesures d'austérité pour sortir le pays de la crise.
Mais l'incertitude politique a repris de plus belle la semaine dernière, avec les derniers rebondissements du méga-scandale de corruption qui secoue le pays, notamment le feu vert donné par la Cour suprême à l'ouverture d'enquêtes visant notamment huit ministres du gouvernement.
La crise politique menace l'avancement des réformes, notamment celle du système de retraites, en discussion actuellement au Parlement.
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mardi 18 avril 2017

Argent, travail et terre: la marchandisation et le capital transnational


Dans des conditions de température et de pression normales, cette époque de l’année serait à la préparation de la politique agricole conventionnelle du «Plan-Récolte 2017-2018», basé essentiellement sur du crédit subventionné et sur divers arrangements visant à sa commercialisation (assurances de prix, crédit, règles de commercialisation de la récolte etc.).

Dans la conjoncture économique et politique actuelle, fortement conditionnée par la crise fiscale, les arrangements autour du «Plan-Récolte» sont secondaires. L’argent pour le crédit continue à se faire rare, parce que le système bancaire est surchargé de portefeuilles marqués par une insolvabilité potentielle de secteurs non négligeables de l’industrie et de la construction d’infrastructures, alors que le Trésor de l’Union révèle une difficulté croissante à maintenir le niveau de subventions allouées au «Plan-Récolte» sur la période 2000-2014 (le crédit rural a augmenté à des taux réels – inflation déduite – de 9,5% par an environ, avec une subvention financière en parallèle).

Dans la conjoncture actuelle, qui est placée sous le signe de la propagande et du marketing au jargon totalitaire («l’agro, c’est tout»), un nouvel arrangement de la politique agricole et agraire est en train d’être concocté par le gouvernement de Temer [1] et le Congrès. Cet arrangement se propose, en résumé, de déstructurer radicalement les appareils régulateurs qui, dans l’ordre légal, protègent encore le travail humain et les ressources de la nature (terre) contre leur complète «marchandisation». Cette soumission sera confiée par tous les moyens aux mains du capital-argent (majoritairement externe), qui interviendra sans limite aucune dans la réalisation d’un nouveau projet d’économie politique.

C’est dans ce sens, mais en la remettant en question, que je me propose d’interpréter la véritable furie de production législative du gouvernement Temer, qui œuvre en lien intime avec le bloc ruraliste [très influent] du Congrès, un aspect qu’il ne m’est malheureusement pas possible de détailler dans cet article.

Sous le manteau de la complète «marchandisation» de la terre, le gouvernement dirige au travers de la Mesure provisoire 759-2016 une ample opération à caractère national de régularisation foncière» rurale et urbaine, ce qui constitue un subterfuge pour légaliser l’accaparement de terres en marge de l’ordre constitutionnel.

Mais dites-vous – et l’on doit bien cela à la vérité – que ce processus n’est pas nouveau: il s’est produit sous le gouvernement Lula [janvier 2003-décembre 2010] pour la région amazonienne (MP 458/2008), et sous le gouvernement Dilma Rousseff [janvier 2011-31 août 206, date de sa destitution], au travers de la Loi 13.178-2015 de «régularisation foncière dans les zones frontières», loi adoptée en marge du ministre du Développement agraire d’alors, Patrus Ananias. Cette loi fait d’ailleurs l’objet d’une Action directe en Inconstitutionnalité devant le Tribunal fédéral suprême (ADIn 5.623), présentée par la CONTAG [Confédération nationale des travailleurs de l’agriculture].

L’ingrédient nouveau dans la stratégie de «marchandisation totale», et cela dans la droite ligne du slogan «L’agro, c’est tout», réside dans la dimension d’internationalisation du marché des terres, maintenant en phase avancée de «combinaison» entre Eliseu Padilha, le ministre de la «Casa Civil» [l’équivalent d’un premier ministre] et le représentant ruraliste Nilton Cardoso Junior [PMDB, Parti du mouvement démocratique brésilien, comme Michel Temer], le Rapporteur du projet de Loi 4.059-201113 (en phase de votation à la Chambre fédérale).

Ce qui constitue le but avoué de tout cela, c’est d’ouvrir intégralement au capital étranger la possibilité d’acheter et de louer des terres au Brésil, et cela (dans le projet de départ, explicite) sans aucune limitation quant à la localisation ou à la quantité. L’attente des promoteurs de cette initiative est de «chauffer»» le marché des terres agricole, momentanément paralysé par la crise budgétaire et la crise des commodities.

Sur la question de l’agenda régressif pour ce qui touche à la protection du travail en général et au travail agricole en particulier, citons brièvement la contre-réforme de la Prévoyance sociale prévue dans le PEC 287/2016 [abordée dans divers articles antérieurs], qui consiste en l’élaboration de nouvelles règles de sous-traitance des relations de travail et de projets de réforme du Code du travail. Je ne m’arrêterai que sur l’un d’eux, à savoir le Projet 6.442/2016 du député ruraliste [PSDB du Matto Grosso] Nilson Leitão (il traite spécifiquement du travail agricole). Ce texte, qui a maintenant le privilège d’être traité en Commission spéciale, par déférence de la part du Président de la Chambre [Rodrigo Maia, Démocrate, de Rio Janeiro, avec une carrière dans la banque], substitue de manière avouée à la CLT [la Consolidação das Leis do Trabalho, le code du travail brésilien] des règles contractuelles directes [entre salariée et employeur], consacrant ainsi l’inégalité comme règle à faire prévaloir.

La nécessité d’autoprotection de la société contre la tendance endogène du système économique à vouloir «marchandiser», déréglementer et «déprotéger» les êtres humains et la nature elle-même replace en plein XXIe siècle un phénomène originel des débuts du capitalisme, qui a été analysé dans «La Grande Transformation», le grand classique de Karl Polanyi. Cela signifie qu’il faut aujourd’hui se protéger contre la barbarie totalitaire du capital argent, qui ne connaît absolument aucune limite.

Heureusement, la société commence à percevoir cela et à réagir contre la profondeur et l’extension du coup régressif qui s’articule dans cette stratégie actuellement à l’œuvre. La radicalisation régressive actuellement en cours doit être connue, contenue, renversée et probablement que cela exigera à court terme un affrontement à la hauteur du défi qui nous est posé. (Aricle publié dans Correio Da Cidadania, le 12 avril 2017; traduction A l’Encontre)

[1] Un nouvel épisode de corruption a éclaté mi-avril 2017. Les «affaires» sont liées aux fabuleuses constructions pour le Mondial de foot et les Jeux olympiques. Deux événements qui sont organisés par des entités ayant le privilège d’avoir leur siège à Zurich (FIFA) et à Lausanne («ville olympique»). Selon l’ancien numéro un d’Odebrecht (BTP) et l’instruction, huit ministres du gouvernement de Michel Temer, 24 sénateurs, 37 députés, trois gouverneurs, les présidents du Sénat et de la Chambre des députés et les dirigeants des principaux partis sont impliqués dans ces affaires de corruption. Le président de la République Michel Temer dément – oui! – l’accusation de corruption au profit de son parti politique, le PMDB. Fin 2016, un autre géant du BTP brésilien, Andrade Gutierrez, avait reconnu être un acteur du cartel visant à truquer les marchés d’attribution des travaux de construction ou rénovation «d’au moins cinq stades» du Mondial 2014 de football. (Réd. A l’Encontre)
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Casino ralentit au premier trimestre avec le Brésil mais confirme ses objectifs

PARIS (Reuters) - Casino a confirmé ses objectifs financiers 2017 malgré une croissance organique ralentie au premier trimestre en raison d'une nette décélération au Brésil.



Les ventes du distributeur ont totalisé 9,32 milliards d'euros, enregistrant une hausse de 11,6% en données publiées, dopée par l'évolution favorable des taux de change.
A change constants, hors essence et effets calendaires, elles ont limité leur progression à 3,1%, après une hausse de 5,1% au quatrième trimestre de 2016.
En France - dont le poids est devenu crucial depuis la cession des très rentables actifs asiatiques pour désendetter le groupe - les ventes ont maintenu leur faible croissance de 0,2% à magasins comparables, dans un environnement concurrentiel toujours difficile.
La dynamique, qui s'est dégradée dans les hypermarchés Géant (les ventes ont baissé de 1,9% avec une baisse à deux chiffres dans le non alimentaire), a été compensée par les solides performances de Monoprix (+2,1%), tirée par la livraison express dans l'alimentaire et par le textile, et par celles de Franprix (+1,4%) qui profite de la rénovation de son parc de magasin passés sous le concept "mandarine".
Au Brésil les ventes de la filiale GPA, numéro un brésilien de la grande distribution, ont vu leur croissance limitée à 5,8% en comparable, après une hausse de 7,9% au 4e trimestre 2016, pénalisée par la baisse de l'inflation alimentaire.
"Nos chiffres confirment notre plan de marche pour réaliser nos objectifs de progression de notre rentabilité", a déclaré Antoine Giscard d'Estaing, directeur financier du groupe, lors d'une conférence téléphonique avec la presse.
Le distributeur s'est fixé pour objectif de faire progresser son résultat opérationnel courant (ROC) cette année d'au moins 10%, à changes courants et d'environ 15% en France, dans l'alimentaire seulement.
Antoine Giscard d'Estaing s'est refusé à toute indication sur la cession de ViaVarejo, filiale de produits électroniques de GPA, dont la procédure de vente a été lancée en novembre 2016, précisant simplement que l'enseigne poursuivait son redressement, profitant d'un environnement plus favorable lié à la baisse de l'inflation et des taux d'intérêt.
"Il n'y a aucun pression sur l'actif et sa valeur intrinsèque ne peut que s'améliorer", a-t-il précisé.
En Bourse, le titre Casino cède 0,79% à 51,58 euros à 9h41, alors que le SBF 120 est en léger recul (-0,63%) au même moment.
"Ces chiffres ne devraient pas sensiblement modifier le sentiment du marché sur Casino", soulignent les analystes de Raymond James, pour qui la confirmation des objectifs témoigne de l'approche jugée prudente du groupe concernant l'évolution de sa rentabilité.
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lundi 17 avril 2017

USA: Amende de 2,6 milliards de dollars pour le brésilien Odebrecht pour corruption

NEW YORK (Reuters) - Un juge américain a condamné lundi la firme brésilienne d'ingénierie du BTP Odebrecht et la société pétrochimique Braskem à verser un total de 2,6 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) dans le cadre du règlement d'un vaste scandale de corruption.


Lors d'une audition du tribunal fédéral de Brooklyn, le juge Raymond Dearie a précisé que 2,39 milliards de dollars iraient aux autorités brésiliennes, 116 millions à la Suisse et 93 millions aux Etats-Unis.
Fin décembre, Odebrecht et Braskem avaient plaidé coupable dans ce dossier devant le tribunal de Brooklyn. Il était alors question d'un total des amendes pouvant dépasser les trois milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites.
Les charges retenues contre les deux entreprises sont liées à leur implication dans le dossier de corruption lié au groupe public pétrolier brésilien Petrobras, qui secoue la classe politique du pays et qui a déjà entraîné des dizaines d'arrestations.
Selon un témoignage cité samedi par la presse, Odebrecht a versé un total de 3,3 milliards de dollars de pots-de-vin entre 2005 et 2014.
(Brendan Pierson à New York, avec la contribution de Guillermo Parra-Bernal à Sao Paulo, Benoît Van Overstraeten pour le service français).
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samedi 15 avril 2017

Lava Jato : l’ampleur de la corruption au Brésil s’affiche en vidéo

Les auditions judiciaires des cadres du groupe de BTP brésilien Odebrecht arrêtés dans le cadre de l’enquête Lava Jato ont été rendues publiques. Elles éclaboussent toute la classe politique.

Capture d’écran d’une vidéo, publiée le 12 avril, de l’audition judiciaire de l’ancien patron du groupe de bâtiment et travaux publics Odebrecht, Marcelo Odebrecht

Un clic suffit désormais pour voir défiler en vidéo l’ampleur de la perversion du système politique brésilien : des dizaines et des dizaines d’heures d’auditions judiciaires rendues publiques, mercredi 12 avril, dans lesquelles les cadres du groupe de bâtiment et travaux publics (BTP) Odebrecht, au cœur du plus grand scandale de corruption de l’histoire du pays, confient aux enquêteurs les détails des échanges de mallettes et les faveurs rendues aux caciques de Brasília. "Le système politique brésilien est pourri et dysfonctionnel", résumait jeudi 13 avril, dans la Folha de Sao Paulo, l’éditorialiste Matias Spektor.

Vingt-quatre heures après la révélation de l’ouverture d’enquêtes impliquant la quasi-totalité de l’élite politique brésilienne, suspectée de corruption, la Cour suprême lève le voile sur ce que les médias qualifiaient de "délation de fin du monde" : les enregistrements de près de 80 cadres d’Odebrecht, prévenus dans le cadre de l’enquête "Lava Jato" ("lavage express"), l’opération qui a mis au jour l’affaire de corruption liée au groupe public pétrolier Petrobras. Dans un pays de culture orale, comme le Brésil, le son et image donnent à ces aveux un impact retentissant.

Dans l’un des extraits, Marcelo Odebrecht, héritier du groupe du même nom, confirme ce que tous suspectaient : "Il n’existe pas un politicien élu sans caisse noire."


Oh chef, tu vas avoir une surprise

Toutes les grandes figures de Brasília sont éclaboussées, notamment celle de Luiz Inacio Lula da Silva, président de 2003 à 2010. L’ancien syndicaliste, surnommé "Amigo" ("ami") par Odebrecht, aurait reçu pour ses proches, le Parti des travailleurs (PT, gauche), ses alliés, quelque 40 millions de reais (12 millions d’euros) à la fin de son second mandat.

Le père de Marcelo Odebrecht, Emilio, qui avait confié par écrit qu’il avait alerté Lula de la voracité grandissante de son entourage, décrivant une meute d’alligators la "gueule ouverte" se transformant en crocodiles, détaille en riant sur sa vidéo qu’un alligator est moins gourmand qu’un crocodile. A cela s’ajoutent ses révélations sur les travaux de rénovations d’une résidence de villégiature à Atibaia, que le "Bouygues brésilien" aurait financé à la demande de l’épouse de Lula. "Oh chef, tu vas avoir une surprise", aurait dit Emilio à Lula.

L’actuel président, Michel Temer, aurait, lui, réclamé, le 15 juillet 2010, lors d’une rencontre à son bureau de Sao Paulo, pas moins de 40 millions de dollars, affirme Marcio Faria, un cadre d’Odebrecht. "Au cours de cette réunion, j’ai été impressionné par l’aisance avec laquelle on parlait de “contribution partisane”, sur ce qui était en réalité des pots-de-vin", ajoute par écrit l’ancien salarié.


Je n’ai pas peur des faits

Dilma Rousseff, présidente destituée en août 2016, n’est pas épargnée. "Lula, comme Dilma, avaient connaissance du montant, peut-être pas de la valeur exacte mais de la dimension de notre appui", assure Marcelo Odebrecht. Dans la litanie de politiciens achetés, Aecio Neves, candidat malheureux à la présidence de 2014 pour le Parti de la social-démocratie brésilienne, opposant du Parti des travailleurs, figure lui aussi parmi les récipiendaires de dessous de table millionnaires.

Des confessions "invraisemblables", s’est offusqué Lula, déjà inculpé dans le dossier. L’ancien chef d’Etat ne masque toutefois pas un certain soulagement dans ce grand déballage, qui ne vise plus seulement son parti et ses alliés. "Les masques tombent, mais j’aurais voulu que ce ne soit ni le PT ni personne."

Dans la soirée de jeudi, après une réunion de crise à Brasília, Michel Temer s’est exprimé dans une vidéo officielle : "Je n’ai pas peur des faits. Ce que je n’aime pas, c’est le mensonge." Le président, très impopulaire, paraît aujourd’hui totalement disqualifié pour imposer son agenda de réformes structurelles prévu avant l’élection de 2018, confirmant l’image parfois utilisée d’un "président zombie".
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vendredi 14 avril 2017

Sur les murs de São Paulo, la “guerre du spray” fait rage

São Paulo est depuis longtemps une référence dans le monde du street art. Mais la ville brésilienne connaît un nouvel épisode dans la guerre sans fin qui oppose les graffeurs et tagueurs aux politiques.




Depuis les années 1980, le street art est une composante incontournable du paysage urbain de São Paulo. Façades d’immeubles, stores de magasins, bâtiments désaffectés ou murs sous les ponts routiers : tout est support potentiel d’expression.
Certains secteurs sont désormais devenus des sites d’intérêt touristique, promus par la municipalitéou par des associations qui organisent des visites guidées. Parmi les lieux emblématiques : l’avenue 23 de Maio, le quartier du Centro et le “Beco do Batman”, un entrelacs de ruelles à Vila Madalena qui ressemble à un musée en plein air où les œuvres sont renouvelées régulièrement et où se pressent les visiteurs.

La rue, terrain de jeu des pichadores et grafiteiros

La culture street art, étroitement liée au hip-hop, s’affirme comme une appropriation directe de l’espace urbain par sa population et prend de multiples formes : tags, graffitis, pichações, bombs et murales (commandées et autorisées).

Lorsqu’on arrive à SP, difficile de ne pas remarquer les pichações, ces lettres au style caractéristique, souvent de couleur noire, réalisées dans des lieux plutôt difficiles à atteindre. Cette pratique, une forme de contestation née sous la dictature dans les années 1980, est considérée comme illégale. Sur fond d’injustice sociale, il s’agit pour les pichadores d’écrire le plus haut possible, à différents endroits, pour être vu et pour marquer son territoire.
On les oppose généralement aux grafiteiros, à présent reconnus comme des artistes, aujourd’hui soutenus par le public. Modestes ou de grande envergure, inventives et militantes, leurs productions offrent une diversité de styles et de thèmes. Quelques Paulistanos ont d’ailleurs acquis une belle renommée internationale et sont invités à produire et à exposer aux Etats-Unis et en Europe : Os Gêmeos, Nunca, Nina, Zezão, Speto et bien d’autres…

Doria et la guerra do spray

Le phénomène ne laisse pas indifférent. Adeptes ou détracteurs, les habitants ont leur avis. A commencer par le nouveau prefeito (maire) João Doria, qui a déclaré la guerre aux graffeurs et tagueurs.

Dès son entrée en fonction, le 1er janvier dernier, il s’est attaqué au nettoyage des murs de la ville. Pour marquer le coup sur le terrain médiatique, il a officiellement lancé l’opération Cidade Linda (belle ville) revêtu de la tenue des employés municipaux, sur la 23 de Maio, avec pour objectif de recouvrir de peinture grise cette œuvre géante, financée par le précédent prefeito. 
Les réactions ne se sont pas fait attendre, de soutien mais aussi de désapprobation.
Face au tollé, marche arrière : M. Doria a ensuite annoncé des mesures pour appuyer l’expression des grafiteiros et muralistas, comme le MAR, Museu de Arte de Rua, qui soutiendra des projets de street artistes, ainsi qu’une Escola do Grafite. Evoquant une erreur de jugement, il a regretté que les oeuvres n’aient pas été photographiées avant d’être effacées. Mais il a réaffirmé son intransigeance face aux pichadores : 102 personnes ont été emprisonnés depuis le 2 janvier. 
La situation ne semble donc pas vraiment apaisée et cette guerre risque de perdurer. L’avenue 23 de Maio, connue jusque-là comme la plus grande œuvre murale d’Amérique latine, est quant à elle maintenant l’objet de toutes les attentions de la part de la municipalité. Mais ce sont depuis quelques jours des plantes qui recouvrent ses murs…
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jeudi 13 avril 2017

Brésil: l'art de la guerre appliqué à la vente d'armes


Il n'a aucun ennemi connu et pourtant cette semaine, à l'occasion d'un salon de la défense à Rio, le Brésil exhibe le savoir-faire de ses fabricants d'armes, en quête de nouveaux marchés dans un monde ravagé par les guerres.
Parmi les 650 entreprises qui exposent au salon baptisé LAAD, 150 sont brésiliennes, avec une offre des plus variées, allant des avions-cargos aux balles traçantes.
Ce secteur pèse au Brésil 200 milliards de réais par an (environ 64 milliards de dollars), l'équivalent de 3,7% du PIB du géant latino-américain.
Dans le stand du fabriquant d'armes Taurus, les intéressés empoignent des fusils d'assaut dernier cri pour les inspecter sur toutes les coutures, les pointant vers des cibles imaginaires.
D'autres visiteurs en treillis revêtent des gilets pare-balle chez Glagio do Brasil alors que des curieux montent à bord d'un bateau pneumatique muni d'armes automatiques de la firme DGS Défense.
Une autre entreprise locale a le vent en poupe: Condor, spécialisée dans les armes non létales. Deux officiers de la République démocratique du Congo en uniforme y scrutent notamment des balles de caoutchouc dont un des modèles répond au nom curieux de "soft punch" (léger coup de poing en anglais).
"Nous sommes déjà présents dans le monde arabe et nous ciblons le marché asiatique, qui a un fort potentiel pour le moment inexploré", explique Marco Senna, représentant de Condor dans le salon.
Le Brésil ne participe pas directement aux conflits armés actuels mais son industrie de la défense permet d'assurer 30.000 emplois directs et 120.000 indirects, selon les chiffres officiels.
- 'Raging Bull' -
C'est dans ce sens que le gouvernement souhaite conquérir de nouveaux territoires, dans un marché qui est habituellement la chasse gardée des États-Unis, de la Russie, de la France ou de la Grande-Bretagne.
Cette semaine, le ministre de la Défense, Raul Jungmann, a annoncé que la Banque nationale de développement (BNDES) allait proposer des conditions de crédit favorables pour des pays désireux de se fournir en armes brésiliennes.
"Nous vivons de nos jours une période de réarmement. Le marché de la défense est en pleine expansion et le Brésil doit se donner les moyens de concurrencer les autres pays sur un pied d'égalité", a expliqué le ministre à des journalistes.
Cette course effrénée à la vente d'armes n'est pas dénuée de polémiques.
Taurus, qui a installé une usine à Miami pour fabriquer des armes de poing civiles comme le "Raging Bull", a été impliqué récemment dans une affaire de vente illégale à un marchand d'armes yéménite, même si aucune accusation formelle n'a été formulée.
Robert Muggah, directeur de recherche de l'Institut Igarape de Rio, affirme que des bombes à fragmentation fabriquées au Brésil ont été utilisées au Yémen, un pays touché par des sanctions de l'ONU.
"Le Brésil est particulièrement non transparent au moment de rendre compte de la destination de ses armes et de l'usage qui en est fait", dénonce-t-il.
- La crise mise à profit -
Le chercheur cite aussi l'utilisation d'armes brésiliennes pour la répression de manifestations dans d'autres d'autres pays mis en cause pour le non respect des droits de l'homme, comme le Bahrein.
Le gouvernement assure que toutes les ventes d'armes à l'étranger sont contrôlées de façon rigoureuse mais aucune donnée officielle n'est disponible à ce sujet.
Selon M. Muggah, le Brésil est un "acteur de taille moyenne" dans le marché global de l'armement mais "une puissance majeure en ce qui concerne les armes de poing, les armes légères et les munitions, figurant régulièrement parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux".
Le pays est plongé dans la pire récession de son histoire mais la crise a permis indirectement au secteur de l'armement de faire quelques bonnes affaires.

"Il y a trois ou quatre ans, le gaz lacrymogène était encore importé", rappelle Mauricio Lima, représentant du syndicat de fabricants d'armes SIMDE. "Mais ce contexte de crise, avec toutes ces manifestations, a incité les entreprises brésiliennes à développer leurs propres produits et maintenant, nous les exportons vers d'autres pays", conclut-il.
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Brésil : dénouement proche pour la concession du Maracanã

Le Maracana pourrait prochainement basculer sous l'égide du groupe français Lagardère Sports, seul en lice pour en gérer l'exploitation.




Les négociations pour la concession du stade Maracana de Rio de Janeiro se rapprochent d'un dénouement alors que le groupe français Lagardère Sports est seul en lice, malgré des rumeurs d'un nouvel appel d'offres. Plusieurs médias brésiliens annoncent jeudi que Lagardère a déjà signé un accord pour gérer le temple du football brésilien jusqu'en 2048, une information démentie par une source de l'entreprise proche du dossier.

«Les négociations avancent doucement et sûrement mais rien n'a été signé», a affirmé cette source. Le Maracana est actuellement géré par le groupe Maracana SA, contrôlé par le géant du BTP Odebrecht, qui cherche à passer la main depuis des mois, après avoir accusé 173 millions de réais (plus de 50 millions d'euros) de pertes cumulées entre 2013 et fin 2015. Lagardère, qui avait déjà participé au premier appel d'offres pour la concession du stade, en 2013, doit encore négocier les termes du contrat de succession avec Odebrecht et obtenir l'aval de l'État de Rio.

La menace de Flamengo

Mercredi, le journal O'Globo indiquait que le gouverneur de Rio pensait lancer un nouvel appel d'offres, qui rendrait caduques les négociations entre Lagardère et Odebrecht. Lagardère Sports fait face notamment à l'opposition de Flamengo, club le plus populaire du Brésil, qui a déjà annoncé à plusieurs reprises qu'il refuserait de jouer dans le stade s'il était administré par le groupe français, réclamant un modèle de gestion qui donne plus de pouvoirs aux clubs. Le Maracana est resté à l'abandon pendant plus de trois mois, à cause d'un imbroglio politico-juridique qui oppose le concessionnaire actuel au comité organisateur des JO 2016 et n'a reçu qu'une poignée de matches cette année.
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Un pays où la science n’est pas misogyne

Une étude comparative sur la place des femmes dans la recherche scientifique révèle de très bons résultats au Brésil. Ces vingt dernières années, le pays a considérablement réduit l’écart entre les hommes et les femmes en la matière. 



“Le Brésil est en tête d’affiche mondiale pour la place des femmes dans la science, surpassant à cet égard les États-Unis, le Royaume-Uni et les pays de l’Union européenne”, constate le magazine américain Forbes dans un article consacré à une étude de l’éditeur scientifique Elsevier sur “Le genre dans le paysage de la recherche mondiale”.
Le Brésil émerge en effet en tête de classement de cette étude comparative sur plusieurs critères déterminants pour mesurer la place des femmes dans la science. L’échantillon inclut les États-Unis, le Canada, les membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Australie…
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Corruption au Brésil, les enquêtes

Sur sa une du 12 avril, O Globo fait référence aux derniers rebondissements de la procédure anticorruption sans précédent qui a lieu au Brésil : “Personne n’y échappe.”
Le quotidien de Rio de Janeiro explique qu’après le feu vert du Tribunal fédéral suprême, la plus haute cour de justice du Brésil, Edson Fachin, juge du tribunal chargé de l’affaire de corruption qui secoue le pays depuis des mois, va ouvrir une enquête contre 76 hommes politiques. Au total, précise le journal, 97 personnes feront l’objet d’enquêtes. Sur la liste, on trouve 8 ministres du gouvernement actuel de Michel Temer, 24 sénateurs, 37 députés, et 12 gouverneurs et leurs alliés, poursuit O Globo.
Parmi les personnalités visées figure Blairo Maggi, ministre de l’Agriculture, déjà impliqué dans un autre scandale qui vient de secouer le pays, celui de la viande avariée.
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Brésil : l'inflation au 1er trimestre au plus bas depuis 1994

L'inflation au Brésil a atteint au premier trimestre son plus bas niveau depuis 1994, à 0,96%, ce qui devrait inciter la Banque centrale à réduire encore son taux d'intérêt directeur, selon les chiffres officiels publiés vendredi.





Il y a un an, l'inflation trimestrielle se situait à 2,62%, a rappelé l'Institut de géographie et de statistique du Brésil (IBGE).

Sur le seul mois de mars 2017, les prix ont augmenté de 0,25%, après avoir crû de 0,33% en février et de 0,43% en mars 2016.

Sur 12 mois, la hausse de l'indice brésilien s'établit à 4,57%, légèrement au-dessus de l'objectif de 4,50% (avec une marge de 1,5 point) fixé par le gouvernement.

La pression inflationniste a sensiblement diminué ces derniers mois, dans un contexte de récession prolongée (plus de deux ans) au Brésil, première économie d'Amérique latine.

En 2015, le pays avait ainsi connu une hausse des prix à la consommation de 10,67%, puis de 6,29% en 2016.

La Banque centrale a indiqué la semaine dernière que, grâce à ce recul de l'inflation, elle pourrait accélérer sa baisse des taux d'intérêt, comme le réclament les entreprises et les syndicats pour stimuler l'investissement et la consommation.

L'organisme monétaire a réduit en février son taux directeur pour le quatrième mois consécutif, à 12,25%. Il tiendra sa prochaine réunion la semaine prochaine.

Le marché table pour la fin de l'année sur une inflation à 4,10% et un taux directeur à 8,75%, selon l'enquête réalisée chaque semaine par la Banque centrale auprès d'une centaine de courtiers et analystes.
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